Du nouveau sur le site du Réseau européen Eglises et libertés (ENRE) : nous allons faire paraître tous les mois à compter du mois d’août 2025 un éditorial qui donnera régulièrement des nouvelles : « que se passe-t-il au sein du Réseau ? » « que pense-t-on au ENRE de telle ou telle actualité » « quoi de neuf au Conseil de l’Europe (COE) ? » « on ne peut pas ne pas réagir face à ce qui se passe dans nos Eglises ou dans tel ou tel pays ! »
Plusieurs membres du Comité de pilotage du ENRE ont déjà annoncé qu’ils allaient prendre la plume : Espagne, Allemagne, Belgique, Pays-Bas….Nous ferons le point après quelques mois.
Pour ce mois d’août 2025, le sujet du mois est traité par Fernand Jehl, membre du comité de pilotage du ENRE, membre des Réseaux du Parvis (Fédération française d’associations de chrétiens d’ouverture), un des délégués du ENRE à la Conférence des Organisations internationales non-gouvernementales (OING) du Conseil de l’Europe.
Le sujet : la déclaration du Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe , Michaël O’Flaherty . Elle porte sur le conflit en cours à Gaza. Plus particulièrement, le Commissaire intervient auprès des Etats membres du COE sur leurs obligations relatives au commerce des armes et le risque de leur contribution potentielle à la violations des droits humains.
« Commerce des armes au sein de l’Europe, risques de violations des droits humains – Conflit en cours à Gaza » Déclaration de Michaël O’Flaherty, Commissaire aux droits de l’Homme du Conseil de l’Europe, Strasbourg le 12 août 2025.
Lors de la rencontre annuelle du Réseau européen Eglises et libertés à Strasbourg, les 29 et 30 mai et le 1er juin 2025, la conférence inaugurale proposait une réflexion sur "une paix juste, en Europe, maintenant! " .Marc Stenger, évêque émérite, vice-président de Pax Christi International, l’un des intervenants attirait l’ attention des participants, sur les responsabilités des Etats marchands d'armes dans les violations des droits humains lors des conflits armés.
La déclaration du Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe, connu pour ses relations étroites avec la Conférence des OING, constitue une nouvelle initiative pour œuvrer à « une paix juste, en Europe, maintenant ». Elle est aussi un soutien aux actions politiques menées par nos associations mobilisées pour la paix et le respect des droits humains quand elles interpellent nos gouvernements respectifs sur leurs compromissions liées au commerce des armes de guerre.
Nous serons vigilants quant aux engagements de nos gouvernants respectifs de nos pays, à leur participation à l’économie de guerre, voire leurs violations des droits humains. Nous ne manquerons pas de rechercher des informations précises auprès des parlementaires de nos pays, membres de l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) sur les réponses données au Commissaire des droits de l’homme par les différents responsables politiques. Les associations membres du ENRE se chargeront de diffuser cette déclaration dans leurs rangs et de faire connaitre au Commissaire l’accueil de cette initiative et les réactions qu’elle suscite.
Nous nous promettons de saluer l’initiative de Michaël O’Flaherty au nom de nos différentes associations, lors de sa prochaine participation à la Conférence des OING du Conseil de l’Europe.
Le Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe, Michaël O'Flaherty, a fait la déclaration suivante concernant le conflit en cours à Gaza :
« Le conflit à Gaza a atteint des proportions désastreuses et continue de causer d'immenses souffrances humaines. Bien que mon mandat ne couvre pas la situation dans la région, je me suis entretenu avec les États membres du Conseil de l'Europe au sujet de leurs obligations dans le cadre du commerce international des armes, afin de contribuer à garantir que leurs actions ne contribuent pas à des violations des droits de l'homme.
Je note les mesures prises par certains États membres pour suspendre ou restreindre les transferts d'armes vers Israël, notamment l'Allemagne la semaine dernière. Je note également les contributions importantes de certaines structures nationales des droits de l'homme pour sensibiliser et exhorter leurs gouvernements respectifs à respecter leurs obligations en matière de droits de l'homme dans ce contexte. Cependant, il faut faire plus, et vite.
Je réitère mon appel aux États membres pour qu'ils fassent tout leur possible pour prévenir et combattre les violations du droit international humanitaire et des droits de l'homme dans le contexte du conflit à Gaza. Cela implique notamment d'appliquer les normes juridiques existantes afin de garantir que les transferts d'armes ne soient pas autorisés lorsqu'il existe un risque qu'elles soient utilisées pour commettre des violations des droits de l'homme.
Il est également essentiel d'intensifier les efforts visant à venir en aide aux personnes touchées par le conflit, en soutenant les efforts déployés pour garantir un accès sans entrave à l'aide humanitaire et en faisant pression pour la libération immédiate des otages.
Je continuerai à collaborer avec les États membres afin de soutenir une réponse au conflit à Gaza qui respecte les droits de l'homme. »
The Council of Europe’s Commissioner for Human Rights, Michael O’Flaherty, has made the following statement regarding the ongoing conflict in Gaza:
“The conflict in Gaza has reached disastrous proportions and continues to cause immense human suffering. While my mandate does not cover the situation in the region, I have engaged with Council of Europe member states regarding their obligations in the context of the international arms trade, to help ensure that their actions do not contribute to human rights violations.
I note steps by some member states to suspend or restrict arms transfers to Israel, including Germany last week. I also note the significant contributions of some national human rights structures in raising awareness and urging their respective governments to uphold their human rights obligations in this context. However, more needs to be done, and quickly.
I reiterate my call on member states to do their utmost to prevent and address violations of international human rights and humanitarian law in the context of the conflict in Gaza. This includes applying existing legal standards to ensure that arms transfers are not authorised where there is a risk that they may be used to commit human rights violations.
It is also essential to intensify efforts to provide relief to those affected by the conflict, by supporting efforts to ensure unhindered access for humanitarian assistance and by pressing for the immediate release of hostages.
I will continue to engage with member states to support a response to the conflict in Gaza that complies with human rights.”